1 juin 2026 • ACTUALITÉS
[Mobilité Erasmus+] Direction la Finlande pour une immersion en crèche !
Depuis plusieurs années, Crescendo propose à ses salarié.e.s des séjours en immersion au sein de crèches européennes grâce au soutien d’Erasmus+. L’occasion d’observer de nouvelles pédagogies et d’échanger sur d’autres pratiques professionnelles. Direction la Finlande avec Claire Bessou, directrice qualité chez Crescendo, de retour de mobilité dans un jardin d’enfants franco-finlandais à Espoo, près d’Helsinki.
Pouvez-vous présenter votre structure d’accueil ?
Le jardin d’enfants Arc-en-ciel accueille 40 enfants, répartis dans quatre groupes (trois groupes franco-finlandais d’enfants de 1 à 3 ans, de 3 à 4 ans, et de 4 à 6 ans et un groupe anglo-finlandais d’enfants de 1 à 6 ans.
La philosophie de la structure est d’offrir aux enfants la possibilité d’apprendre le français à travers des jeux, des chansons et des activités guidées en suivant le plan d’éducation à la petite enfance finlandais et en utilisant la méthode d’immersion linguistique. En plus du jeu libre en intérieur et en extérieur, les journées d’accueil sont ponctuées d’activités guidées et adaptées à l’âge et au niveau de développement de l’enfant.
L’approche holistique fournit une base solide pour le développement de chaque enfant :
- Développement des sens (toucher, vue, ouïe, odorat, goût)
- Développement des compétences émotionnelles (estime de soi, confiance, sécurité)
- Développement cognitif (langages, logique, mémoire)
- Motricité (motricité globale et fine)
- Compétences sociales (partage, règles, respect)
Et l’équipe ?
Avec Chadon Mobio, responsable de la crèche Duployé, nous avons été accueillies dans une période où plusieurs stagiaires français et belges étaient également présents. L’équipe nous a rapidement laissé une certaine autonomie pour observer, échanger et interagir avec les enfants.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?
Ce qui m’a le plus marquée, c’était leur capacité à passer naturellement du finlandais au français. À seulement quatre ans, certains enfants traduisaient déjà des échanges d’une langue à l’autre avec beaucoup de facilité. Et l’autre chose très impressionnante, c’est à la fois l’autonomie et le respect des règles chez les jeunes enfants. Les adultes n’étaient pas dans un contrôle permanent, et pourtant les enfants respectaient les limites posées, par exemple pour certains espaces ou jeux extérieurs.
Justement, qu’avez-vous observé au sein de la crèche en matière de « Apprendre avec la nature et le vivant » ?
Mon observation la plus marquante sur cette thématique a été une sortie en forêt avec des enfants âgés de deux à quatre ans. Dès le trajet, d’environ 30 minutes à pied entre le jardin d’enfants et la forêt, les enfants étaient amenés à respecter des règles de sécurité individuelles et collectives. Une fois sur place, ils étaient invités à décrire ce qu’ils voyaient, ressentaient et entendaient. Puis, en petits groupes, ils participaient à différentes explorations pour enrichir leur vocabulaire, leurs sensations, leur sens de l’observation, mais aussi leur respect des autres et de l’environnement (Bingo, fleurs à piquer dans un vase, land art éphémère)
Les enfants avaient également du temps de jeu libre dans un cadre sécurisé : grimper sur des rochers, marcher sur des troncs d’arbres, observer les insectes ou encore explorer la forêt à leur rythme. Cette immersion favorisait autant leur motricité globale que fine, leur autonomie et leur curiosité, l’entraide, le respect de l’autre. Un temps de pause permettait aussi de les sensibiliser au respect de la nature, notamment en veillant à ne laisser aucun déchet après le temps de collation.
Enfin, le retour montrait aussi l’importance accordée à l’endurance et au dépassement de soi : même les plus petits marchaient encouragés avec bienveillance par les adultes.
Une idée ramenée dans votre valise ?
Sans hésiter, je ramène l’importance des sorties quotidiennes en extérieur. En Finlande, les enfants sortent tous les jours et a minima 2 heures, sauf conditions climatiques extrêmes. Voir concrètement les bienfaits pour les enfants comme pour les adultes a renforcé ma conviction de l’importance de cette pratique. J’ai aussi été marquée par tout le travail autour de l’autonomie des enfants pour s’habiller, et par l’organisation très fluide des temps d’habillage qui limite les tensions et permet aux adultes d’être davantage disponibles pour les plus petits.

